Il y a quelques années déjà, alors que j'étais moi-même élève au secondaire, j'ai commencé à m'impliquer dans l'école primaire de mon quartier. Au fil des années, j'y ai été animatrice d'activités parascolaires, de soutien aux devoirs et du club des petits déjeuners. J'ai donc côtoyé des enseignants, des parents bénévoles, des intervenants. Je me suis liée d'amitié avec une enseignante dont j'ai souvent visité la classe lors de mes congés ou mes périodes libres au cégep. Cette école - qu'on dit défavorisée - avait la chance d'avoir un comité de vie de quartier très actif qui s'impliquait beaucoup dans une foule de domaines dans l'école. Durant cette période, j'ai donc côtoyé des individus qui donnaient leur temps sans compter, qui étaient présents pour les élèves et surtout, qui les aimaient. Dans ma tête, donc, une école, c'était ça. Un endroit de partage, d'amour et de don de soi.

Bien sûr, j'étais jeune et je ne connaissais pas toutes les contraintes, toutes les difficultés rencontrées. Je ne fréquentais pas la salle des enseignants. Je n'entendais jamais parler des exigences du Ministère de l'Éducation. Peut-être que les temps ont changé? Peut-être que c'est mon point de vue qui a changé?

Je suis en stage au secondaire, et contrairement à mes timides débuts dans le monde de l'enseignement, ce n'est pas tout ce qui est beau que je vois, mais bien toutes les difficultés. Tous les murs auxquels les enseignants se heurtent chaque jour. Tous les collègues qui décident de quitter la profession. Toutes la pression d'une société qui veut que leurs enfants soient pris en charge.

Et j'aimerais retourner dix ans en arrière, quand je rêvais de devenir enseignante.